Michel Doneda/Beñat Achiary/Kazue Sawaï : Temps Couché

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Instrument traditionnel japonais, le koto, sorte de cithare à treize cordes semble se marier à merveille aux chemins buissonniers de la musique improvisée. Prises au hasard, trois productions plus ou moins récentes nous invitent à la découverte du son obsédant du koto.



Doneda / Achiary / Sawaï ou l’appel. L’appel des monts et plaines, crêtes et vallées. Envol et visite des étendues vierges. On décolle, s’attarde sur une impro primitive, ancestrale. Vents et souffles, on croise lueurs et clartés. Musique du don, musique des oublis, des purifications, du vide choisi, l’on puise dans les profondeurs des corps ouverts. Ondulations, recueillement, pertes, vibrations intemporelles… A quoi bon les mots. Merde aux mots ! Le truc à l’intérieur qui irradie, le temps arrêté, la palpitation vitale, elle est là. Toujours palpable, même mise en boîte.

Koto gratté, frappé (Diminished Shower), koto préparé (Talking Durian), koto bourdonnant (Seawall), koto désaccordé (Taieki), koto dobro (Jeuki) ou blues kotien (Rememberance), toutes les possibilités de l’instrument sont ici énoncées par la belle Yagi Michiyo, qui à l’instar de sa compatriote Miya Masaoka n’hésite pas à détourner, pervertir le koto et à l’enrichir de nouvelles harmonies. Loin d’un koto mode d’emploi, Shizuku envoûte, enivre, convainc dès les premières notes. Il y a là une magnifique cohésion, un plaisir de l’écoute jamais perturbé, un charme total. Idéal pour découvrir l’instrument. Yagi Michiyo pratique dit-on avec un égal bonheur le rock, les musiques improvisées et les musiques traditionnelles. Vite la suite !

Pas de dialogue à kotos tirés entre Brette Larner et Shoko Hikage sur Indistancing, plutôt un sobre dialogue à la douce sérénité. La flûte shakuhachi donne à l’ensemble quelque accent traditionnel qui renvoie aux origines, à la genèse, à l’improvisation donc. Nulle brillance ici, tout au contraire, une musique dépouillée, austère diront certains. Le koto s’enfuit, revient, se réinvente (Volt / Going), se fait bourdonnement (Confluence), minimal (Indistancing), mais toujours vibre, palpite. Magique comme la quinzaine d’hirondelles qui viennent de faire irruption dans mon bureau. Le chant du koto sans doute. Improjazz

Aquarius Records

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